Début 2026, le Tarn-et-Garonne présente un marché du travail aux signaux contradictoires. D’un côté, un taux de chômage qui remontait à 9,1 % au troisième trimestre 2025 selon les dernières données INSEE disponibles, soit légèrement en dessous de la moyenne régionale occitane. De l’autre, des milliers de postes non pourvus dans des secteurs essentiels, et un dynamisme entrepreneurial record avec 3 730 nouvelles entreprises créées sur un an. Le vrai problème n’est pas l’absence d’emploi en Tarn-et-Garonne : c’est l’adéquation entre ce que le territoire offre et ce que les candidats cherchent.
Un marché du travail sous tension structurelle
L’emploi salarié total dans le département s’établit à environ 86 900 salariés pour une population de 265 000 habitants. Le secteur de l’intérim, souvent considéré comme un indicateur avancé de la santé économique, a subi un repli notable avec une chute de 6,5 % sur un an, signal d’une conjoncture qui se tend, malgré la résistance globale du tissu économique local.
La tension n’est pas uniforme : elle est sectorielle, liée à des déficits de formation, à des conditions de travail difficiles, ou à un déficit d’attractivité de certains métiers. Montauban concentre la majorité des offres, dans les secteurs de la logistique, de l’aéronautique, des services et du commerce. Moissac et Castelsarrasin figurent également parmi les bassins d’emploi les plus actifs du département.
Les secteurs qui recrutent, et peinent à trouver
Santé et médico-social. C’est le secteur en tension le plus structurel du département. Aides-soignants, infirmiers, auxiliaires de vie, aides à domicile : les besoins sont massifs et croissants, portés par le vieillissement accéléré d’une population majoritairement rurale. Les besoins en médecins et infirmiers sont permanents, tant à Montauban que dans les zones rurales du département. Les conditions de travail exigeantes et les niveaux de rémunération freinent les vocations, tandis que les départs en retraite dans la profession ne sont pas compensés par les nouvelles entrées en formation.
Transport et logistique. Le Tarn-et-Garonne bénéficie d’une position géographique stratégique, au carrefour des axes A20 et A62. Cette situation attire les plateformes logistiques, notamment autour de Montauban et Castelsarrasin, générant une demande continue en chauffeurs poids lourds, préparateurs de commandes, caristes et agents logistiques. Le manque de candidats titulaires des permis et habilitations nécessaires reste le premier frein au recrutement dans ce secteur.
Agriculture et agroalimentaire. Dans un département qui produit 80 % des fruits d’Occitanie, les besoins en main-d’œuvre agricole sont considérables, et très saisonniers. Cueillette, arboriculture, conduite d’engins : ces postes peinent à être pourvus localement malgré les volumes. La saisonnalité des contrats et les conditions d’hébergement en milieu rural constituent des obstacles récurrents pour attirer des travailleurs venus d’autres régions.
BTP. Maçons, électriciens, plombiers, conducteurs de travaux : la construction souffre d’un déficit chronique de profils qualifiés. Le secteur de la construction affiche pourtant une dynamique positive dans le département, portée notamment par l’immobilier d’entreprise. Cette contradiction, activité soutenue, recrutement difficile, illustre bien le paradoxe du marché du travail local. La pénibilité du métier et le manque de formations accessibles localement amplifient la tension.
Commerce et restauration. Les besoins sont constants, particulièrement dans les zones touristiques, Moissac, Lauzerte, Saint-Antonin-Noble-Val, et dans les centres-villes de Montauban et Castelsarrasin. Serveurs, cuisiniers, employés de commerce : des postes souvent accessibles sans diplôme, mais marqués par des horaires atypiques qui limitent le vivier de candidats disponibles.
Services à la personne. C’est le secteur en plus forte croissance. Porté par le maintien à domicile des personnes âgées, il génère des besoins croissants en aides à domicile, assistants de vie et agents d’entretien. La rémunération et les conditions d’emploi, temps partiels fragmentés, déplacements importants en milieu rural, rendent le recrutement particulièrement difficile hors des zones urbaines.
Formation et reconversion : la clé du rééquilibrage
Derrière ces tensions sectorielles se pose une question de fond : l’adéquation entre l’offre de formation locale et les besoins réels des entreprises du territoire. Plusieurs métiers en tension sont accessibles avec une formation courte, quelques semaines à quelques mois, ce qui en fait des pistes concrètes pour les personnes en reconversion professionnelle, tendance en forte hausse dans le département comme à l’échelle nationale.
La reconversion vers les métiers manuels ou du soin, plomberie, électricité, aide à domicile, conduite d’engins, est soutenue par France Travail et les organismes de formation présents sur le territoire. Elle représente une réponse partielle mais réelle aux tensions du marché.
Dans ce contexte, le dynamisme entrepreneurial du Tarn-et-Garonne constitue un signal positif : avec une hausse de 19 % des créations d’entreprises au troisième trimestre 2025 et 3 730 nouvelles entreprises créées sur un an, le département affiche une vitalité économique qui contraste avec ses difficultés de recrutement. Un paradoxe révélateur d’un territoire qui ne manque pas d’opportunités, mais qui peine encore à les rendre visibles et accessibles à tous.
Où chercher un emploi en Tarn-et-Garonne ?
- France Travail Montauban : candidat.francetravail.fr
- Data Emploi 82 : dataemploi.francetravail.fr
- Observatoire emploi Occitanie : observatoire-emploi-occitanie.fr
ℹ️ Les données chiffrées mentionnées dans cet article sont issues des dernières publications disponibles de l’INSEE et de France Travail (T3 2025).




