Le conseil municipal de Moissac a voté à l’unanimité l’adhésion de la commune au réseau « Les plus belles fêtes de France » pour valoriser ses célèbres Fêtes de Pentecôte. Une décision qui fait débat auprès de certains groupes politiques locaux.
Lors de la séance du 15 juillet dernier, le conseil municipal de Moissac a approuvé l’adhésion de la ville au label « Les plus belles fêtes de France ». Cette décision, portée par la majorité municipale, vise à faire reconnaître et valoriser le patrimoine vivant que représentent les Fêtes de Pentecôte de Moissac à travers cette labellisation nationale.
Une reconnaissance du patrimoine festif local
L’adhésion au réseau « Les plus belles fêtes de France » s’inscrit dans une démarche de valorisation du patrimoine culturel moissagais. Selon les documents officiels consultés, cette labellisation permettra à la commune de « faire reconnaître et valoriser son patrimoine vivant et ses traditions locales ».
Le conseil municipal a souligné les « retombées positives attendues en matière de rayonnement culturel, de tourisme et de dynamisme local » que pourrait générer cette adhésion. L’objectif affiché est de renforcer l’attractivité de Moissac et de ses festivités traditionnelles.
Des voix s’élèvent contre cette décision
Cette adhésion ne fait cependant pas l’unanimité. L’Union Citoyenne Moissagaise a publié un communiqué dénonçant cette décision, qu’elle qualifie de « récupération politique et identitaire ». Le groupe d’opposition critique notamment les liens du label avec Pierre-Édouard Stérin, milliardaire français créateur de Smartbox et exilé fiscal en Belgique.
Selon l’Union Citoyenne Moissagaise, Pierre-Édouard Stérin porte un projet politique nommé « Périclès » (Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes), doté d’un budget de 150 millions d’euros sur dix ans, dont l’objectif serait de favoriser l’extrême droite française.
Une vague de retraits à travers la France
Moissac adhère au label au moment même où de nombreuses communes françaises s’en retirent. Depuis le début du mois d’août, plusieurs fêtes basques se sont retirées du label : Hendaye et sa fête basque, le Lehengo Hazparne-Hasparren d’autrefois et la fête du piment d’Espelette.
Au-delà du Pays basque, le maire socialiste de Bazas (Gironde) a annoncé que sa commune et sa fête des Bœufs gras se retiraient du réseau trois mois après y avoir adhéré. En Bretagne, la Kevrenn Alré s’est également retirée, tandis que les confédérations Kenleur et Sonerion ont publié un communiqué commun dénonçant une « tentative de récupération idéologique ».
Les organisateurs justifient leurs retraits par la volonté de « conserver un caractère apolitique » et d’éviter « toute polémique ». À Espelette, le président de la Confrérie du piment explique : « Peu importe l’idéologie, qu’elle soit de droite, de gauche ou du centre, nous sommes une association apolitique donc on préfère se retirer ».
Un label sous le feu des critiques
Le label est géré par l’association « Les plus belles fêtes de France », pilotée par l’entreprise Studio 496 dans laquelle Pierre-Édouard Stérin est entré au capital en début d’année. À la tête de Studio 496 : Thibault Farrenq, candidat suppléant de l’alliance Ciotti-Le Pen aux dernières législatives en Vendée.
Face aux critiques, l’association « Les plus belles fêtes de France » dénonce une « campagne médiatique hostile » et affirme que Pierre-Édouard Stérin « n’est pas membre de l’association » et a simplement été sollicité « pour obtenir des subventions ».
Moissac à contre-courant
Alors que la polémique enfle, la municipalité moissagaise maintient sa position. Contrairement aux nombreuses communes qui se retirent, Moissac assume son choix d’adhésion, estimant que celle-ci servira avant tout les intérêts touristiques et culturels de la commune.
Certaines fêtes maintiennent également leur partenariat. À Bessières (Haute-Garonne), la Confrérie des Chevaliers de l’Omelette Géante conserve pour l’instant le label, son Grand Maître expliquant : « Nous nous sommes apolitiques à la Confrérie. Pour nous, pour le moment, les statuts Des Plus Belles Fêtes de France sont apolitiques. On tranchera à la rentrée. »
Les Fêtes de Pentecôte de Moissac, tradition centenaire et fierté locale, se retrouvent ainsi au cœur d’un débat national qui dépasse le cadre purement festif pour toucher aux questions de patrimoine, d’identité et de positionnement politique des collectivités locales.