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LGV Bordeaux-Toulouse-Dax : le sénateur Pierre-Antoine Levi interpelle le gouvernement sur le respect de la parole de l’État

Lors de la séance de questions au gouvernement du mercredi 15 avril 2026, le sénateur du Tarn-et-Garonne Pierre-Antoine Levi (groupe UC) a pris la parole au Sénat pour interpeller le ministre des Transports Philippe Tabarot sur l’avenir de la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest (LNSO), la future LGV Bordeaux-Toulouse-Dax. En s’appuyant sur les révélations du rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) rendu début avril, il a posé une question simple et exigeante : l’État va-t-il tenir sa parole ?

Un rapport qui remet en cause les engagements de l’État

Le 3 avril 2026, le ministre des Transports a reçu le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures. Son contenu a fuité dès le 8 avril : le coût total du projet pourrait augmenter de 20 % par rapport aux objectifs initiaux, et les experts jugent une mise en service en 2032 difficile à tenir, estimant une livraison en 2035 plus réaliste pour Toulouse, et 2042 pour le tronçon vers Dax.

Pour le sénateur Levi, le constat est sans détour : le rapport conclut que « la participation de l’État sera difficilement mobilisable à la hauteur et dans le cadre auxquels il s’était engagé ». Une formulation qu’il a traduite sans ambiguïté devant la Haute Assemblée : « Appelons les choses par leur nom : c’est une remise en cause de la parole de l’État. »

Un contrat signé, pas une déclaration d’intention

Pierre-Antoine Levi a rappelé que les engagements financiers sur la LGV ne sont pas de simples annonces politiques. En février 2022, un protocole contractualisé fixait la répartition du financement : 40 % pour l’État, 40 % pour les collectivités territoriales, 20 % pour l’Union européenne. Les collectivités du Sud-Ouest ont cofinancé la LGV Tours-Bordeaux en contrepartie de cet engagement. « Ce n’était pas une déclaration d’intention. C’était un contrat signé devant la République. »

Signe tangible des difficultés : la SGPSO, Société du Grand Projet du Sud-Ouest, a dû emprunter 50 millions d’euros auprès de la Banque des Territoires , endettement rendu nécessaire par le retard de l’État dans le versement de sa part.

La réponse du ministre Tabarot

Le ministre des Transports Philippe Tabarot a tenu à nuancer la portée du rapport : « Le COI est là pour orienter, conseiller, pas pour se substituer aux décisions politiques. Le rapport n’est pas officiellement remis au Gouvernement. » Il a rappelé les actes concrets engagés : une société dédiée constituée, des autorisations environnementales délivrées, 180 millions d’euros financés dans le budget de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFIT). Il a également souligné que le coordinateur européen a confirmé que la LNSO est une priorité du réseau ferroviaire européen.

Sur la programmation, il a évoqué l’article 1er du projet de loi-cadre sur les transports examiné ce même jour au Sénat, qui doit instaurer une programmation pluriannuelle des investissements. « Il nous faut une réponse structurée dans la durée. »

La réplique de Levi : quarante ans d’attente, deux gares en jeu pour le Tarn-et-Garonne

En réplique, le sénateur Levi n’a pas lâché : « Nous comptons sur vous pour tenir la parole de l’État. Cela fait quarante ans que nous attendons. » Il a rappelé l’enjeu direct pour le département : deux gares nouvelles doivent être construites sur le tracé, à Montauban et à Agen. Une ouverture en 2032 reste l’objectif qu’il défend.

Sa formule finale résume l’état d’esprit des élus du Sud-Ouest : « Le Sud-Ouest ne demande pas une faveur. Il demande que la parole de l’État soit tenue. »

Un dossier sous tension nationale

Le COI recommande de donner la priorité au financement de l’accélération des investissements sur les réseaux existants, une position qui conforte les opposants au projet. Ce jeudi 9 avril, seize associations dont Les Amis de la Terre ont déposé un recours gracieux auprès des préfets de la Haute-Garonne, de la Gironde, du Lot-et-Garonne et du Tarn-et-Garonne, demandant l’annulation de l’autorisation environnementale signée en février.

Pour Toulouse, qui reste la seule grande métropole française sans ligne à grande vitesse, à plus de 4h30 de Paris , l’enjeu est national. Le gouvernement devra trancher dans les prochains mois entre maintien du projet avec financements publics, recours au privé, ou report.

ℹ️ Pierre-Antoine Levi est sénateur du Tarn-et-Garonne, membre du groupe Union Centriste. Il a associé à sa question son collègue François Bonhomme ainsi que les sénateurs des territoires concernés par la LNSO.

La Rédaction
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